Les Alpes-Maritimes forment un territoire à la topographie particulièrement contrastée, où se concentre une densité exceptionnelle d'enceintes, plus de 700 sont aujourd'hui recensées. Ces constructions en pierres sèches, parfois associées à des fossés ou à des barrières naturelles, délimitent des espaces clos. Leur découverte et leur inventaire remontent au milieu du XIXᵉ siècle, grâce à l'initiative d'érudits locaux. Si la plupart sont connues par prospection, la fouille de la Cime de Tournerie à Roubion, dirigée par Frank Suméra entre 2014 et 2019, se distingue par la mise au jour d'un sanctuaire daté des IVe–IIe siècles a. n.e.
Ce corpus de vestiges de fonction et de chronologie diverses demeure complexe à appréhender. Toutefois, leur monumentalité et leur implantation sur des hauteurs en font des témoins remarquablement bien conservés, aisément visibles depuis le ciel. Ainsi, avec l'apport de l'imagerie aérienne, photographique ou lidar, et des outils SIG, il a été possible de géoréférencer et de vectoriser plus de 160 plans d'enceintes, tout en intégrant diverses données au SIG. Cette approche nouvelle d'étude des enceintes, qui devra être couplée avec des opérations de terrain, ouvre donc des perspectives prometteuses pour répondre aux questions essentielles de leur indentification fonctionnelle et chronologique.
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